Publié par : Claire Pascale | mars 25, 2009

Notre peau… et ses états d’âme

Qui d’entre-nous n’a jamais jeté un coup d’œil découragé à son miroir en découvrant sa tête un matin ! Un réflexe, à la suite duquel certains (es)
se précipitent sur la brosse à cheveux, histoire de dompter d’impétueux épis. D’autres, découvrant consternés (es) l’apparition d’un méchant bouton, se jettent sur l’énième produit miracle recensé dans la salle de bains.

Notre peau, c’est un MOI à elle toute seule. C’est fou comme elle est réactive : au chaud, au froid, au soleil, au vent, au sel …et à l’application de crèmes… de beauté bien sûr. Sachant que leurs effets varient d’un individu à l’autre, d’une peau à l’autre.

Tout aussi fou est le nombre de messages qu’elle nous envoie sans que nous sachions les décrypter. Pourtant, nous avons tous (tes) nos intuitions et elles ne sont pas toujours à côté de la plaque :

Le teint gris, plutôt terne…. Un bon gommage me ferait du bien.. Je suis fatiguée, une petite cure de vitamine C serait la bienvenue. Oui, oui, je sais, il est temps d’arrêter de fumer ! Pour développer ma motivation, je réciterai par cœur : la nicotine provoque une baisse de circulation sanguine dans la peau de mon visage. Cette hypo-oxygénation est un facteur majeur de vieillissement.

Début de couperose…. Ma protection solaire n’était pas assez forte. Le “chili con carne” des copains étaient vraiment trop épicé. C’est promis, avant mon jogging, cet hiver, je me tartinerai le nez avec une crème bien hydratante. Il faudrait peut-être aussi que j’arrête de me démaquiller à l’eau et au savon !

Quelques points noirs… Zut, j’ai oublié de me démaquiller ! Attention ma crème de nuit est trop grasse. Je n’ai pas eu le temps de faire un gommage ce week-end et je me ferai un masque désincrustant.

Apparition de cernes : fatigue, manque de sommeil. Ce week-end, je récupère et j’investis dans un masque reposant.

Petits boutons d’acné (passage quasi obligé pour les adolescents) : sus aux gels nettoyants doux, aux toniques asséchants et aux crèmes régulatrices de sébum. A partir du lundi, je bois (au moins) deux litres d’eau par jour et je change mon alimentation.

Jusque là, rien de bien spectaculaire. Vous avez toutes les réponses ou presque. Mais parfois, des démangeaisons s’installent. On vous parle d’eczéma, psoriasis, dermite séborrhéique, prurigo, urticaire, d’acné rebelle. De vilains mots que la gente médicale qualifie de dermatoses inflammatoires.

Si vous êtes concernés (es) mieux vaut avoir quelques repères. Tout d’abord, prendre en considération le fait que le système nerveux -qui intègre le monde extérieur au monde intérieur par le biais du cerveau et des nerfs- intervient dans un bon nombre de dermatoses.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les cellules nerveuses et les cellules cutanées proviennent du même tissu embryonnaire (l’ectoblaste). D’où l’existence de connexions et d’interactions étroites. Qui dit connexion dit information.

Que peut donc transmettre notre système nerveux comme informations affligeantes (via des vecteurs chimiques appelés neurotransmetteurs ou neuromédiateurs) à des cellules cutanées. Vous les avez déjà devinées : STRESS, DETRESSE, peurs, chagrins, deuil, dépression ont des répercutions directes sur la peau.

Comment, maintenant, sont produits les états inflammatoires ?
“Sous l’effet du stress, nous explique le docteur Danièle Pomey-Rey*, dermatologue et psychanalyste, “la cellule nerveuse du cerveau se dérègle et transmet une mauvaise information aux cellules du derme et de l’épiderme.
Cette fausse information entraîne alors une perturbation de la sécrétion des neuromédiateurs.
Il s’agit plutôt d’une hypersécrétion.
Les neuromédiateurs, libérés en trop grande quantité, provoquent un état inflammatoire”,

Lorsque nous traversons des épreuves, l’anxiété voire l’angoisse nous envahit et nous déstabilise. Parfois, notre organisme “bloque”. Le plus spectaculaire de ce symptôme est sans doute celui de la pelade, un phénomène lié à l’interruption brutale de l’irrigation sanguine de la racine des poils. Sous l’effet d’un choc émotionnel violent, on voit des personnes perdre la totalité de leurs cheveux…. en 48 heures.

Plus sensibles, ou plus fragilisés que la moyenne, certains individus développent une maladie chronique de la peau. Ne baissez pas les bras devant cette “fatalité”, surtout si les traitements dermatologiques classiques ne vous offrent que des accalmies. Soignez les manifestations cutanées, c’est essentiel puisqu’elles génèrent des souffrances.     Néanmoins, n’hésitez pas à élargir le champ d’investigation. Derrière ces symptômes se cache souvent un mal être, le plus souvent lié à l’enfance. Le livre du docteur Danièle Pomey-Rey* ouvre des perspectives pleines d’espoir. Tous les dermatologues ne sont pas formés à l’écoute des problèmes d’ordre psychologique. Certains ont encore des difficultés à admettre qu’angoisse et dépression retentissent sur la peau. A vous de décider.

“Bien dans sa peau, bien dans sa tête”… Et dans ses baskets !


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